Alzée Seny : Une interview jeune, pleine de peps, remplie de belgitude et une pincée de défi!

Alzée Seny : Une interview jeune, pleine de peps, remplie de belgitude et une pincée de défi!

Après avoir lu "A la ferveur de nos nuits" d'Alizée Seny, j'ai voulu en savoir plus.
Jeune auteure de la région Namuroise, son roman se lit comme un conte moderne, rapidement et très intéressant bien que l'on sent sa jeunesse dans son roman (n'est-ce pas cela qui fait son charme?)

 

J'ai donc voulu lui poser des questions pour savoir qui elle était vraiment et d'où venait se roman!

 

Alors, prends ma main, prépares tes plus belles chaussures de sport… A vos marques, prêt, partez!

 

Bien le bonjour Alizée…comment vas-tu?
Tu as quelques secondes pour te présenter…go!

 

Je vais très bien ! Une présentation en quelques secondes c’est compliqué ça ! On va aller à l’essentiel, je suis avant tout une grande rêveuse avec une imagination débordante, ce qui m’a amenée à devenir écrivain à temps partiel. Si je me définis comme écrivain, je ne vis malheureusement pas de ma plume et quand je ne suis pas derrière mon clavier je suis professeur de Pilates.

 

Si demain on rassemblait tes lectrices et lecteurs autours d’une bonne bière pour parler de ton roman “A la ferveur de nos nuits”, tu accepterais? Le cas échéant, tu bois quoi?  Bon, j’imagine que tu offres cela avec plaisir, non? 

 

Je suis toujours ravie de discuter avec les lecteurs donc j’accepte bien sûr ! Ça pourrait être vachement sympa de se retrouver tous dans un petit pub tranquille ou alors dans un cabinet de curiosités entourés de vieux livres et d’objets insolites. Je n’y avais jamais pensé mais l’idée me plaît bien en fait. C’est vrai qu’on ne rencontre ses lecteurs qu’en salon ou en dédicaces et ça reste toujours dans un contexte très formel. Partager avec les lecteurs c’est toujours un réel plaisir, si en plus la rencontre se fait dans un lieu un peu inattendu c’est encore mieux ! Par contre, niveau boisson ce ne sera pas très Rock’n Roll, pour moi ce sera plutôt thé ou café, je préfère garder les idées claires !

 

 

En 30 secondes, montre en main, peux-tu nous parler de ton roman “A la ferveur de nos nuits”

 

“À la ferveur de nos nuits » c’est mon premier roman. Je l’ai écrit il y a trois ans alors que je souffrais d’importantes insomnies. J’ai eu envie d’écrire une sorte de conte urbain où la magie opérerait la nuit et c’est comme ça que l’idée du roman est venue. L’écriture a été très rapide, en un peu moins d’un mois l’histoire avait trouvé son point final. S’en sont suivis de longs mois de recherches intenses pour trouver un éditeur, un parcours difficile, encore plus lorsqu’on est un jeune auteur ! Puis en octobre 2016, la bonne nouvelle est tombée, j’étais la nouvelle lauréate de la Fondation Laure Nobels. En mars 2017, le roman sortait et je faisais mes premiers pas d’auteur à la foire du livre de Bruxelles. Mon rêve devenait réalité…

 

 

J’ai commencé le livre sans voir la couverture ni lire la quatrième de couverture! Rien qu’en lisant le titre, j’imaginais un roman sur la vie étudiante, drogue, bibine…tout ça tout ça…!
Celui qui lira le livre verra qu’il n’en est rien et aussi que la question n’a pas encore commencée et que tout cela est presque fini!
Par ce titre tu as voulu nous tromper? Par ce titre tu as voulu dire quoi?

 

Ce n’était pas mon intention de tromper avec ce titre… À vrai dire, le titre c’est la première chose qui m’est venue avant même de créer les personnages ou la trame. J’aimais l’idée que la nuit ne soit pas que ténèbres et léthargie mais qu’au contraire on puisse voir naître en elle la vie et les sentiments. C’est ce qu’il se passe dans la vie d’Elise et finalement, je trouve que le titre correspond bien à l’essence du roman.

 

 

un peu de lumière dans ce qui nous parait les ténèbres!

Savoir que tu as été sélectionnée, quelques semaine à peine après la sortie de ton roman, pour “le prix des lecteurs club 2017”, quelle a été ton impression? Combien de bouteilles de champagnes ont-elles été vidées?

 

C’était une merveilleuse surprise ! Quand on écrit, c’est pour être lu et être en lice pour un prix des lecteurs, c’est le plus beau des cadeaux que l’on puisse faire à un auteur. Je participais à un salon quand j’ai appris la nouvelle et j’ai eu du mal à y croire. J’ai fêté ça avec un vin chaud partagé avec une collègue auteure ! Il n’y avait pas de champagne à disposition !

 

Élise, c’est un peu de toi? Connor c’est un peu de qui?

 

Les personnages du roman sont avant tout une création de mon esprit, après ce serait mentir de dire qu’ils ne sont pas inspirés de ma réalité. Je pense qu’il y a un peu de moi dans chaque personnage. Mais ils ne sont pas inspirés d’une personne en particulier. Je peux avoir envie de créer un personnage à partir d’une phrase que j’aurai entendue dans un café, ou après avoir croisé quelqu’un dans la rue. Je puise mon inspiration partout autour de moi et mon environnement imprègne le roman, ses personnages et ses lieux. Elise, Connor et tous les autres sont l’addition de petits détails que j’ai griffonné dans un carnet.

Quel message as-tu voulu mettre en avant dans ce roman ?

 

Je vais essayer de ne pas trop spoiler… Ce que j’ai avant tout voulu mettre en avant dans ce roman c’est l’importance des rencontres. La vie est faite de rencontres et même les plus insignifiantes peuvent faire basculer une vie : quelques mots échangés dans un train, deux regards qui se croisent,… Je suis très sensible à cela dans ma vie et j’ai voulu axer mon histoire autour de personnages forts pour montrer que, tant une voisine diseuse de bonne aventure qu’un sans abri peuvent avoir quelque chose à nous apporter. Je pense qu’il est important de ne pas se fermer au monde qui nous entoure et d’être ouvert aux rencontres.

La deuxième chose que j’ai voulu mettre en avant c’est que la noirceur de la vie n’est pas une fatalité et qu’il y a toujours bien autour de nous une timide lumière, il suffit juste de la trouver et de s’y accrocher.

 

 

Le roman est court, facile à lire, intéressant et subtil. Tu es jeune, on ne demande pas l’age à une femme alors tu le donneras par toi même Ce roman, il vient d’où? As-tu vécu ce genre d’histoire?

 

Je suis jeune en effet et j’ai  vécu des tas d’histoires ! C’est un roman qui est issu de la nuit, il est né la nuit et il a été écrit la nuit. Je l’ai écrit dans une période sombre de ma vie, à une époque où je me posais énormément de questions et mon vécu a influencé mon écriture, c’est évident. L’écriture c’est un moyen d’exorciser ses démons en les mettant en scène.

 

 

Si on te demandait d’écrire une histoire de la saga “Martine”, quel en serait le titre?

 

Question difficile ! Je pense que je l’emmènerais faire un tour du monde en voilier. Pour le titre, il me faudra réfléchir un peu plus…

 

 

As-tu d’autres romans en préparation? Une suite peut-être?

 

Beaucoup de lecteurs me demandent une suite mais pour moi j’en ai terminé pour le moment avec Elise. Elle continue de vivre quelque part dans un coin de ma tête, elle mène sa vie et je ne pense pas qu’elle soit si intéressante à raconter. Par contre, j’ai peut-être le projet de récupérer un personnage secondaire très important à mes yeux et de lui écrire sa propre histoire. Mais pour le moment, c’est encore en chantier…

Je continue évidemment d’écrire et j’ai toujours un projet sur le feu. Après « À la ferveur de nos nuits » j’ai écrit deux autres romans et  l’heure actuelle, je prépare le quatrième. J’essaye de me maintenir à un rythme d’un roman par an, c’est parfois compliqué mais jusqu’ici j’ai tenu la cadence !

Londres est mis à l’honneur dans ton roman! Pourquoi ne pas avoir parlé de Bichkek (c’est vrai ça…c’est toujours des même dont on veut bien parler)?

 

Londres est une ville que je connais bien et qui me parle énormément : c’était une évidence pour moi d’y planter mes décors. C’est une ville qui garde un côté très « village » de part ses différents quartiers et qui surtout continue de vivre la nuit, ce qui était primordial pour ce roman. Quand j’y suis retournée après avoir écrit « À la ferveur de nos nuits », que j’ai revu tous les lieux dans lesquels Elise se promène, que j’ai ressenti l’ambiance si particulière de Londres, j’ai su que j’avais fait le bon choix.
 

Es-tu prête, par défi, de placer Bichkek dans ton prochain roman?

 

Pourquoi pas, ça devrait pouvoir se faire !

 

 

Ton roman se lit en une journée, pour pouvoir le passer à quelqu’un d’autre, qui le lira en une journée et le partagera à quelqu’un d’autre…
Est-ce vers ce style de roman que tu désires aller? Un partage, initier une discussion?

 

J’écris parce que j’ai envie de partager quelque chose ; ça peut-être une histoire, une émotion, une problématique. Derrière chaque texte que j’écris se cache une grande réflexion, si une fois le livre refermé, ma réflexion se prolonge du côté du lecteur, c’est génial. Je ne dis pas que c’est ce que je recherche parce que je n’ai pas envie de faire des romans sur base d’une morale, je préfère laisser les lecteurs trouver leur propre sens à mon histoire. Après s’ils ont envie de partager et de discuter, ça veut dire que j’ai rempli mon contrat !

Par contre, je ne peux pas promettre de n’écrire que des livres qui se lisent en une journée, d’ailleurs les deux suivants sont beaucoup plus longs !

 

 

 

Écris-tu depuis longtemps? Pourquoi écris-tu? Quel était l’élément déclencheur?

 

Avant d’écrire, je suis d’abord une lectrice passionnée. J’ai grandi entourée de livres et des idées plein la tête : j’ai toujours eu l’envie de raconter mes propres histoires. Vers 15 ans, je me suis lancée dans l’écriture de quelques nouvelles avant d’écrire, lors de ma première année à l’université, un premier roman. Aujourd’hui, je ne pourrais pas m’imaginer une vie sans l’écriture. J’ai toujours des idées et c’est un réel besoin pour moi de les coucher sur papier pour les partager ensuite !

 

 

Qu’aimes-tu lire d’habitude? Quel est ton livre de chevet ?

 

Je lis absolument tout ! Je dois avouer que je suis particulièrement férue des classiques de la littérature anglaise avec Jane Austen, les sœurs Brönte ou Dickens,… Je pourrais lire et relire sans me lasser Orgueil et Préjugés, c’est pour moi la valeur sûre !
 

Quel roman t’a marqué ? Pourquoi?

 

Il y a beaucoup de romans et surtout d’auteurs qui m’ont marquée. Je pourrais citer Carlos Ruiz Zafón, Victor Hugo ou même Fred Vargas mais il y a quand même un roman qui m’a profondément marquée alors que je n’aurais jamais misé sur lui : c’est « La Plage d’Ostende » de Jacqueline Harpman, un roman bien de chez nous pour le coup. C’est un livre qui hante ma vie d’auteur et auquel je repense régulièrement. C’est un incontournable de ma bibliothèque dans lequel je me replonge volontiers!
 

Si tu devais garder un seul livre dans ta bibliothèque, ce serait lequel?

 

Je vais tricher un peu et je vais sauver la trilogie de Philip Pullman « À la croisée des mondes ». C’est une œuvre qui a bouleversé ma vie de lectrice et je pense que je ne m’en lasserai jamais. Je l’ai relue de nombreuses fois à différentes périodes de ma vie et l’expérience a chaque fois été différente. Il y a tellement de niveau de lecture et de richesse à l’intérieur de ces trois tomes que l’on pourrait les relire sans cesse et toujours y découvrir quelque chose de nouveau.
 

Mais clairement! Il est dans la mienne aussi!

Si ce soir, on devait partager un repas bien de chez nous ensemble (en tout bien tout honneur évidement parce que je suis marié et que si mon épouse lit cette interview j’aimerais lui dire que non, ce n’est pas de la drague, je ne veux plus dormir dans la cave):  ton plat et boisson, ce serait?

Encore une question bien compliquée ! Étant donné que je suis végétalienne, je pense qu’on irait manger des frites avec une bonne bière. Au hasard : une Chimay Bleue !

 

Bon appétit!

 

 

Je peux vous dire qu'Alizée est très sympa, remplie d'imagination débordant qu'elle place dans ses écrits, pleine de peps et pleine de réflexion!
Une auteure remplie de belgitude et remplie de projets!

Sur ce, je dois aller prendre des cours de Pilates, manger des frites à Ostende et faire une découverte de Londres et Bichkek tout en lisant des classiques anglais! Y en a du Boulot!
Mais avant…une tite bière

Allez hop…au boulot!

 

Sur ce, vous buvez quoi?

 

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