Sylvie Godefroid, une interview pleine de bon sens, d’humilité et un soupçon de poésie!

Sylvie Godefroid, une interview pleine de bon sens, d'humilité et un soupçon de poésie!

 

C'est en découvrant "Hope" qu je me suis dit qu'il fallait absolument discuter avec l'auteur : Sylvie Godefroid!

 

Avec une simplicité et une humilité, elle répond à mes questions avec philosophie et élégance.

Hope m'a marqué, de part son personnage énigmatique et ce personnage vient de quelque part…

 

Lisez cette interview, ça va danser dans les salons!
 

 

Yo Sylvie…Alors, comment ça va? Ça cartonne?
Présente toi, montre au monde qui tu es!

 

Yo Thibault! ça roule de mon côté! Et de ton côté ? Quoi de neuf ?

Montrer au monde qui je suis… Voilà qui ne sera pas simple en quelques phrases. D’autant qu’il y a dans le mot « montrer » une nuance qui me déstabilise. « Partage au monde qui tu es », je préfère. Mais je ne voudrais pas faire la difficile, hein, on vient de se rencontrer !

Je suis une quadra qui croque dans la vie au fil des mots que la vie lui souffle à l’oreille. Une émotive XXL, un peu guimauve, qui mesure le privilège d’être en vie, d’avoir deux ados magnifiques, des métiers passionnants… J’aime écrire, rire, danser. J’aime l’autre dans ce qu’il a de différent, de dense, de complexe. Je suis une amoureuse qui aime aimer l’amour, une écrivain en herbe qui aime aimer les mots, une humaniste qui aime aimer les gens…

 

 

Si demain on allait boire un verre avec dix inconnus. Des personnes éclectiques :

1 – Vous préparez un attentat pour tous nous éclater la tronche?

2 – On boit un verre et on profites ?

3 – Pourquoi s’arrêter à un verre ?

 

Sans hésiter une seule seconde, pourquoi s’arrêter à un verre? Un verre, deux verres, un repas coloré et épicé, quelques pas de danse…

 

 

 

En 30 secondes, montre en main, parles-nous de “Hope”.

 

Hope est en quelque sorte le produit d’une société qui a oublié d’apposer un H majuscule à son humanité. Elle incarne la douleur d’une carence extrême en amour. Hope nous montre à quoi peut mener le manque d’amour, le manque de considération

 

Ce titre…Hope : raconte nous tout!
 

Tout raconter prendra un peu de temps. L’histoire de Hope, pour celui qui prend la peine de l’appréhender avec différents niveaux de lecture, se lit sur une centaine de pages.

Hope est née Fatine, ce qui signifie “la plus séduisante”. Mais son visage tient un autre discours que celui-là. L’équipe médicale invite les parents à l’appeler Hope car, en effet, cette petite va avoir besoin d’espoir.

Au-delà de ça, Hope c’est aussi un clin d’œil. Hope invite les lecteurs à lire son histoire autrement. Est-elle aussi mauvaise qu’elle voudrait qu’on le croie ? Son dessein est-il tout à fait tracé ? Si on s’en tient au premier degré de lecture, oui. Sans aucun doute. Mais si, comme tu l’as fait, Thibaut, on se demande pourquoi elle parvient à écrire tout ce qu’elle écrit dans son journal, jusqu’aux derniers détails de sa mort… On arrive à toucher du doigt un second degré de lecture. Hope est-elle dans le fantasme ? A-t-elle été au bout de son drame ? La réponse réside peut-être dans le titre. Dans son prénom

 

L'espoir permet-il un regard neuf ?

Avoir été sélectionné pour “le prix des lecteurs club 2017”, c’est pas la classe?  Tu as fêté cela comment? Et tes attentes?

 

Avoir été sélectionnée pour ce Prix des lecteurs, c’est la toute grande classe ! Je n’imagine pas plus beau prix que celui que des lecteurs offrent à un auteur. J’étais enthousiaste, fière, émue, étonnée, bousculée… Je n’y croyais pas ! J’ai demandé confirmation à mon éditeur plusieurs fois ! J’ai fêté cela dans un chouette petit bar bruxellois que j’adore et où je donne souvent rendez-vous à mes amis. On a dansé, dansé, dansé et beaucoup dansé ! Ce que j’attends ? Peu de choses, à dire vrai. Je suis déjà tellement heureuse d’être dans cette sélection. Je ne pense pas recevoir le premier prix. J’ai l’esprit sportif et je n’ai qu’une seule chose à dire : « vive les auteurs belges ! Vive les auteurs ! Vive le prix des lecteurs ! »

Et que le meilleur livre gagne !

 

 

A te lire, j'ai envie d'un calin!

 

Hope, c’est une personne que tu connais? C’est toi? C’est qui? D’où t’es venue l’idée?
 

Hope, c’est un peu moi, un peu elle, un peu elles aussi. C’est un peu toutes ces femmes qui souffrent d’une différence. J’ai été dure avec moi toute ma vie, quasi impitoyable. J’étais dans une quête éperdue de perfection, je me voulais en harmonie avec ce que les autres attendaient de moi. Ou avec ce que je croyais qu’on attendait de moi. J’étais ronde dans une société où la maigreur est un critère de beauté. J’aimais les lettres dans une famille où les chiffres primaient. Ça m’a fait réfléchir. Les attentats ont joué un rôle important dans l’évolution de ce récit. Je travaille à deux minutes à pieds de Maelbeek. J’étais à peine arrivée au bureau quand l’explosion s’est fait entendre. Je me suis interrogée sur l’origine de ces attentats. Qu’est-ce qui pousse des jeunes à se faire exploser dans un métro ? Qu’est-ce qui nourrit la haine ? Ma réponse à travers le récit de Hope : la haine nourrit la haine, l’indifférence favorise la haine, le manque d’amour conduit à l’horreur

 

Écrire un livre demande d’aller chercher dans ses tripes! Pour faire ce que fait Hope, faut clairement le vouloir! (N’en dis pas trop). Avec quel personnage réel t’es-tu inspiré?

 

Chaque personnage dans ce roman est inspiré librement ou fidèlement d’une personne que je connais. Abdeslam est un artiste maroxellois merveilleux pour lequel j’ai vraiment une tendresse particulière. Jean-Jacques est un des lecteurs qui me suit depuis plusieurs années et qui se fait régulièrement connaître où je me produis. Virginie, c’est un mélange de plusieurs amies et un peu de moi aussi.

Faire ce que Hope fait… Mais le fit-elle vraiment ? Est-on dans le fantasme ? Dans le fait divers ? Est-ce d’ailleurs si important de savoir si Hope va au bout de son dessein ? Le fait d’y penser est déjà suffisamment grave

 

 

 

Ce roman c’est la description de dix personnes : nous, vous, eux, tous, chacun d’entre nous, je me trompe? Quel était ton message, car leur sort est atroce, ne trouves-tu pas?

 

 Provoquer la mort est la chose la plus atroce qui soit. De toute évidence. Pourtant, la mort est banalisée. A la télévision, on ne voit plus que cela : journaux télévisés, films, séries… Les images sont devenues violentes. Il arrive qu’on voie la mort en direct. La réalité dépasse la fiction, à moins que ce ne soit le contraire. De nos jours, ce n’est plus très clair.

Les dix personnages que Hope décrit, sont toi, lui, moi, elle, vous, nous. Ce sont des gens de tous les jours. Ton voisin, ma cousine, sa sœur, son père. Des gens qu’on connaît. J’avais envie de montrer que la violence, c’est l’affaire de tous. Ce n’est pas banal, pas anodin

 

 

Si on te demandait d’écrire une histoire de la saga “Martine”, quel en serait le titre?

 

 Martine apprend à danser la salsa

 

…on apprend sur la piste Martine…

 

As-tu d’autres romans en préparation?
 

Oui. Je travaille actuellement sur le pitch d’un roman que je voudrais proposer à Genèse Édition, mon éditeur. L’émancipation de la femme est en filigranes de mon travail de recherche actuel. Georges sera mon personnage principal. Puis je travaille aussi sur un recueil de poésies qui va sortir le 20 avril aux Éditions Lamiroy. Cette publication est insolite, elle trouve son origine dans une rencontre que je viens de faire avec un incroyable poète, Francis Lalanne. Nous serons tous les deux sur scène le 20 avril, au Théâtre FOU RIRE à Anderlecht. Le spectacle est mis en scène par Cathy Thomas et produit par le Fou Rire. Quelle aventure !

 

La lecture de poésie dans la maison du bonheur!

Finalement, de ses dix personnages, tu es lequel?

 

Aucun et un peu tous à la fois

 

Le style que tu proposes avec “Hope casses tout les codes que je connais! C’est ce que tu cherchais? Veux-tu continuer dans cette voix?

 

Je n’avais pas d’autre ambition qu’écrire cette histoire qui me prenait les tripes et le cœur. J’écris avec toute la sincérité dont je suis capable, en ôtant tous les masques. J’ai conscience d’être un peu hors des codes et des courants. C’est à la fois un atout et un désavantage. Je suis avantagée par ma signature personnelle et originale ; je suis déforcée par ma signature personnelle et originale. Alors, autant être ce que je suis ! Tant d’auteurs écrivent si bien, sont tellement doués ! Pourquoi vouloir ressembler à ce qui existe déjà ? En littérature, on ne m’attend pas. On ne m’attend pas non plus en tant que comédienne ou comme dramaturge. Je trace ma route, comme je l’aime et avec mon identité. Si j’ai la chance de toucher, d’émouvoir, d’être aimée ou appréciée, tant mieux ! Je saurai mesurer cette chance et ce privilège. Mais je n’oblige personne à cela ! Comment le ferais-je ?

 

 

Écris-tu depuis longtemps? Pourquoi écris-tu? Quel était l’élément déclencheur?

 

J’écris depuis toujours ! Je crois que j’écrivais avant même de parler ! Je gribouillais sur les murs de la maison, je dérobais les crayons et les cahiers dans le magasin de mes parents alors que je tenais à peine sur mes jambes ! Mes souvenirs commencent alors que l’écriture vit déjà en moi. Du moins, mes souvenirs commencent en même temps que mes gribouillages !

 

Qu’aimes-tu lire d’habitude? Quel est ton livre de chevet ?
 

J’écris plus que je ne lis. J’ai aimé lire La Nuit Sacrée de Tahar Ben Jelloun, par exemple.

Un autre livre m’a déroutée : Dans le jardin de l’ogre, de Leïla Slimani

 

Encore elle….

Quel roman t’a marqué ? Pourquoi?
 

Il y a plus d’un roman qui m’ait marquée. Heureusement ! Ce serait tellement triste d’être émue par un seul roman

 

1Si tu devais garder un seul livre dans ta bibliothèque, ce serait lequel?
 

Un seul livre ? Le dictionnaire des synonymes. Je m’y plonge chaque fois que j’ai l’occasion. Celui des rimes aussi

 

Si ce soir, on devait choisir un repas bien de chez nous : plat et boisson, ce serait?

 

Un plat bien de chez nous ? Allons-y pour des croquettes de crevettes grises avec des frites, une salade bien copieuse et un petit vin blanc. Sinon, je suis partante aussi pour un tajine ou du poulet à la mangue. Alors, tu m’invites ? Sors ton agenda !

 

 

 

Je suis heureux d'avoir pu partager un petit moment avec elle!
Cette interview montre encore une fois qu'en Belgique, on est comme les frites…on a un paquet d'auteurs mais aucun ne se ressemble et ça en fait sa beauté!

Du coup, je dois vous laissez, j'ai un cours de Slsa avec Sylvie qui va commencer, Je dois mettre mon Lalanne à jour et j'ai des crevettes à pêcher…hmmm

 

Sur ce, je vous buvez quoi?

 

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