A croire qu’on ne peut être aimer au grand jour.

Un certain Paul Darrigrand – Philippe Besson – Ed. julliard –  211 p – 2018 – 🍟🍟🍟

Philippe Besson est un auteur phare des débuts d’années. Il est attendu, une écriture fluide et poétique…souvent touchante! Un moment que ceux qui l’apprécie attendent!

Un peu après sa sortie, je me suis procuré cet ouvrage.
« Un certain Paul Darrigrand »! On sait de suite que l’auteur nous parlera d’un homme. 

Ce roman vient à la suite de « Arrête avec tes mensonges » où il nous présente un côté personnel, où il se livre.
Du coup, j’ai tout de suite pensé à ce Paul Darrigrand, successeur de  Thomas Andrieu, dans la vie de notre auteur.
 

Nous ne parlons jamais de ce qui arrive. éventuellement, nous évoquons notre passé intime, par petites touches, ce sont des conversations impressionnistes; une peinture pointilliste de Seurat. 

 

Cette couverture vient, à mon sens, compléter son roman précédent. D’un homme assis, on va vers un homme debout.
Certes de dos, cet homme à l’aire libre et émancipé, bien-pensant, bien dans sa peu!

 

 

Conquis dès la couverture, invitation à la lecture, j’ai commencé à le parcourir et…

Présentons la quatrième avant toute chose!

 

 

Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.
D’un côté, le plaisir et l’insouciance; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude.
Le corps qui exulte et le corps meurtri.
Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.
Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

 

Bien que ce roman laisse lire, je vais être honnête, mais pas nécessairement désagréable, cette lecture m’a tantôt déçu et tantôt envoûté! 
L’auteur continue de nous livrer sa vie, une certaine autofiction commençant par une photo retrouvée dans une boite à chaussure, une histoire nostalgique à la hauteur de ses 22 ans où il tombe amoureux d’un certain Paul Darrigrand après s’être bousculé à lui. Il succombe rapidement à son charmerais voilà, Paul est marié!

Vous imaginez la suite, Paul tombe amoureux lui aussi…
Les questions importantes se posent : « Si je l’aime, m’aime-t-il aussi? » « Me choisira-t-il ? »

Cependant le style littéraire utilisé est déjà vu, comme pour nous faire retrouver les émotions de son « Arrête avec tes mensonges« .
Mais, c’est là qu’à force de vouloir faire de trop, cela déborde!
L’auteur semble parfois nous faire montrer que lui aussi peut faire un livre de deux cents pages!

On y voit les « Je pense », « il pense », « je pense », « Il pense » à répétition, parois les « Je dis:… », « Il dit… » qui ont le don de m’énerver.
Les adjectifs sont souvent par paires, souvent répétitif,  comme pour gagner plus de place…peut-être pour nous montrer que cet épisode est important pour lui, comme un exutoire!
ce n’est vraiment pas nécessaire!

 

Elle dit : et tu vas passer ton temps à demander si c’est de l’amour et tu trouveras pas la réponse.
Elle dit : Vraiment, t’es dingue c’est pas possible.
Je tente ‘objecter : mais des moments, c’est mieux que rien.
Je dis aussi : j’ai l’habitude des secrets…
Je dis enfin : …

Sur ce coup-là, Philippe Besson m’a déçu! Je lui en veut un peu!

Mais cela a été dit au début de cet article,  il n’y a pas que de mauvais élément. Chaque choses à son contraire!
 

Bien que le style ne m’a pas fortement envoûté, c’est la relation des personnages qui m’a parfois ému, laissant parfois se poser des question tant cela parait étrange et ambigu!

Paul et Philippe se croisent et s’entrecroisent! On se demande parfois si cette relation est solide ou juste momentanée!
L’épouse de Paul est comme une quille au milieu du jeu de balle, elle ne sait rien de la relation spéciale de son mari avec l’auteur, mais n’arrive pas à voir ce qui se passe …ou alors elle veut se le cacher!
 

Et puis on se demande « Qui est vraiment Paul ? » Penses-t-il à lui avant tout? Est-il de passage dans la vie de Philippe? Sait-il vraiment ce qu’il veut? Être un amant ou être l’homme de sa vie?
Ce personnage, central pourtant, me parait parfois flou! Et il l’est !

 

A croire qu’on ne peut pas m’aimer au grand jour.

 

La maladie de Philippe me parait brève dans l’histoire même si c’est l’inverse que l’auteur nous décrit. On ressent la complexité qu’elle crée dans sa vie, mais l’image que l’on se représente semble contraire au temps et à la douleur qu’elle lui a réellement infligé!

C’est assez regrettable pour un auteur que l’on attend. Mais c’est peut-être cela le soucis…on attend trop peut-être? On fantasme sur un roman avec plus d’émotions à chaque fois? Peut-être!
 

Cette affliction m’est insupportable.
Je songe : ça ne peut plus durer.
Alors j’arrête.
Comme on débranche un type en fin de vie.

Je ne suis pas en colère contre Philippe Besson, pas du tout. 
Je suis juste déçu de ce roman que j’attendais différemment, surement!
Qu ce soit du style utilisé ou de l’émotion procuré, je n’ai pas ressenti ces ivresses et saisissements qu’il peut donner à beaucoup d’entre nous au travers de ces récits.

Cela ne veut en aucun cas vous dire de ne pas lire ce roman, au contraire. Allez-y si vous en avez envie. Je vous invite vivement à lire ce roman de deux cents onze pages.

Pour moi, ce ne sera que malheureusement 🍟🍟🍟 pas plus cette fois-ci
Cela me permettra d’attendre quelques temps, sans trop imaginer où il pourra nous emmener avec lui et ainsi retrouver le style que l’on aime tant!

Et vous, qu’en avez-vous pensé? Je suis intéressé.

 

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