Apprendre à se lire!

Chère lectrice, cher lecteur,

Je C’est en passant sur l’instagram de Livraison de mots que j’ai vu ce livre!
Il m’intriguait pour trois choses :

1/ Sa couverture aussi simple qu’une feuille de papier rouge;
2/ Le titre « Apprendre à lire »
3/ L’auteur, un journaliste dont les belges ont déjà entendu parlé.

Ni une, ni deux, le livre est commandé et lu tout aussi tôt!

Lire et écrire, comme inspirer et expirer, ce sont des gestes naturels que personne ne se souvient d’avoir appris.


Comme je vous l’ai dit, cette couverture associé à ce titre m’ont étonné.
« Apprendre à lire »
Pourquoi un roman serait-il un roman d’alphabétisation? Que cache-t-il? Où va-t-il nous emmener ?
Avec une imagination débordante, on peut s’engouffrer dans tous les chemins de fantaisies.
De plus la quatrième est d’autant plus énigmatique suivant l’image que l’on s’y fait!

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition  : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires  : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

Vous pouvez être certain d’une chose : ce livre est un livre à lire dès que vous en avez l’occasion!

Sebastien Ministru

Tout d’abord lorsque l’on parle de Sébastien Ministru, on s’attend à ce que lui nous parle, à l’entendre nous parler pour que nous puissions l’entendre dans nos oreilles.
« Premier roman » n’est pas l’idée qu’on se faisait, mais c’était une très bonne idée de passer par le chemin de l’écriture et ce, sans aucune fioriture!
Un ouvrage pudique qui nous bouleverse à déguster en quelques heures à peine!

Le chemin qu’emprunte ce roman est juste magique.
La relation d’un fils, arroguant, homo, responsable de presse et de son père, analphabète, ayant vécu une vie compliquée. Ensemble ils se retrouveront suite à une idée absurde pour l’un, mais primordiale pour l’autre, apprendre à lire !

– Mais à quoi ça va te servir de savoir lire ?
– A quoi ça va me servir ? Mais à lire. Peut-être que lire, ça fait mourir moins vite.


Le fils, piètre pédagogue, désire faire déchiffrer les lettre à son père mais cet effort devenu si évident n’est pas si facile à enseigner!
Bien que le fils soit en couple avec Alex, artiste peinte, il s’adonne au plaisir de la chaire avec un escort boy, Raphael dit Ron.
Ce dernier, sur l’oreiller, lui explique que sa volonté de devenir instituteur va bientôt devenir réalité…
C’est ainsi, grâce à ce Ron, tel un conciliateur, que le père commence à apprendre à lire, réapprendre le plaisir et de découvrir aussi bien le sens des lettres que la relation perdue avec son fils.

Quel sujet délicat que d’écrire un roman sur un sujet aussi sensible que celui de la relation père fils.
L’écriture fine tout aussi délicate qu’agréable permet de faire passer les émotions multiples de façon progressive. C’est un véritable cadeau aux lecteurs.

Que mon père ne sache ni lire ni écrire, je n’y avais jamais pensé. Je n’avais jamais remarqué chez lui un quelconque sentiment de honte car je croyais mon père plus fort que la honte.


Cette relations terne, d’un père sombre, se sentant amoindri et voulant se ressaisir pour lui même, mais surtout pour retrouver son fils est très touchante!
Un sujet difficilement soluble si il est mal traité et délicieux voir délectable dans ses subtilités. Ce roman m’a conquis!

Les retrouvailles de ce père et ce fils, comme hors du temps, amorcé par un être de passage, un ange sur la route de l’un!
Un triangle d’homme de générations différentes s’apportant l’un à l’autre cet apprentissage peut-être trainard mais si capital m’a envoûté!


L’auteur nous montre qu’il n’est jamais trop tard!
Jamais trop tard pour apprendre à lire, jamais trop tard pour retrouver ceux que l’on apprécie, jamais trop tard de se dire je t’aime!

99% de la population est alphabétisée, mon père fait partie de cette infime portion de gens qui n’ont jamais été scolarisées. J’ai mis longtemps à le comprendre, mais il vivait ce handicap comme une réelle douleur-secrète, fourbe et lancinante, maudissant en silence son propre père qui lui avait interdit l’entrée à l’école sans mesurer les dégâts que cela causerait chez lui. J’ai sous-estimé la satisfaction qu’il éprouvait d’avoir pu apprendre les rudiments de la lecture et de l’écriture. Qu’était-il allé chercher dans cet improbable apprentissage ? 


La lecture…quoi de plus universel pour se comprendre, apprendre l’un de l’autre. D’un pays à l’autre, d’une religion ou d’une autre, que notre monde s’apparente aux autres ou qu’il s’en éloigne, la lecture permet à chacun de se retrouver et de communiquer. C’est donc vers cela que ce roman m’a amené!

Bien que j’ai accompagné ma lecture d’une Diôle ambrée à la robe élégante, et à la saveur particulière, ce roman si particulier m’envoûté par ce style si délicat.
Apprendre à lire pour apprendre à se lire…c’est une si belle phrase de fin!


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