Brisée en mille éclats de voix !

Agath Ruga – « Sous le soleil de mes cheveux blonds » – Editions Stock – 2019 – 350 p – 20 €

Début février annonçait la venue d’une nouveauté sur la blogosphère.

En effet, Agathe Ruga, plus connue par certains d’entre vous comme « Agathe the book » a publié son premier roman, lançant ainsi une nouvelle ère, celle des « blogoteurs ».

Je ne l’ai jamais rencontrée, ne parlons pas d’Instagram où l’on peut apercevoir une brève de sa personnalité, beaucoup de blogueurs sont proche d’elle, considérée un peu comme une « Mama » dans ce milieu… A défaut de connaitre cette personne, j’ai voulue découvrir son écriture à travers son premier roman « Sous le soleil de mes cheveux blond ».

C’est ainsi qu’après ses articles présents sur son blog, elle nous invite à lire une part d’elle-même mélangée à de la fiction que je me suis procuré à sa sortie.



La vie etait simple, alors nous sommes tombés dans tous les pièges qu’elle nous a tendus.

Agathe Ruga – Sous le soleil de mes cheveux blonds




Je voulais écrire une chronique un peu après celle des autres pour ne pas que vous ayez une overdose et que surtout, ces quelques mots passent inaperçus.

J’aime cette couverture dont le grain de la photo me fait voyager dans la période correspondant aux années folles.

Cette femme aux cheveux d’or courant en plein été semble partager un dernier regard complice comme si elle courait vers un autre horizon qu’elle semble toucher du doigts. Cette intensité dans le regard me fascine. Une sorte de dernier souvenir.

Ce mouvement ainsi que le grain de la photo me font voyage sans connaitre la destination qu’Agathe veut me partager. J’ai donc, en toute confiance, ouvert cet ouvrage et découvert l’univers de l’auteure.

L’une est Brune, l’autre est Blonde. Surnommée Brigitte au Lycée, nous allons suivre ses deux amies dont la relation est fusionnelle, depuis le lycée jusqu’à leur début d’âge adulte. Brune confie tout à Blonde, elles vivront les grandes étapes de leurs vie ensemble, que ce soit les moments de bonheurs ou les plus difficiles.
Puis, Brigitte montre un côté plus obscur de sa personnalité faisant ainsi perdre le fil à leur amitié.
Une fracture brutale pour Brune qui ne comprend pas comment cette brutalité dans leur relation est apparue, elle cherche à savoir pourquoi et comment cette situation s’est créée à l’heure où elle attend son second enfant.

La déception chez une femme ne s’efface jamais. Elle se superpose seulement à d’autres. L’amour d’une femme se mesure à la quantité de déceptions que son ventre peut supporter. Une fois que celle-ci a pénétré l’âme, le mépris qui l’accompagne ne peut s’en déloger.

Agathe Ruga – Sous le soleil de mes cheveux blonds




Agathe nous livre une déclaration, sa déclaration.
Une déclaration intense d’amitié, d’amour, de tristesse et d’incompréhension écrite avec une plume efficace et sans filtre par moment.

Les deux protagonistes sont si différentes qu’elles se ressemblent. L’une est l’antagonistes de l’autres menant cette amitié à néant. Brune est douce, optimiste et naïve.
Blonde ne mâche pas ses mots, voit la réalité en face et réagit en conséquence.
La rupture est plus difficile à acceptée pour la première.
La plume d’Agathe est taillée de sorte à ce que l’on ressente cette relation presque amoureuse, d’admiration de l’une envers l’autre hantant parfois les nuits de Brune.



Les flashback viennent se mélanger au présent pour fournir un texte puissant et efficace. La construction de cette amitié dirigeant vers cette destruction et la recherche du chemin amenant à la réflexion d’une amitié suspendu est admirablement ficelée.


De tout ce que nous reprochons aux hommes, nous pardonnons plus facilement leurs actes que leur absence d’actes.

Agathe Ruga – Sous le soleil de mes cheveux blonds



Que l’on aime ou pas ce roman, il est impossible de ne pas se sentir touché par ce roman.
Nous avons tous connu une amitié inachevé, suspendue, perdue pour une raison inconnue où l’on s’est juste perdu de vue pour des raisons idiotes.
Ce roman raconte donc une partie notre vie, de la vie de tout le monde. C’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque je lisais le roman.

Je revoyait les périodes de ma vie, la construction de mes amitiés, mon passage de l’âge difficile à l’âge adulte accompagné de ceux qui à qui nous avons toujours promis d’être proche, ces amis pour toujours que l’on ne pensait jamais quitter qui sont là, quelque part à nous attendre aussi…


Je n’ai pas eu de soeur, toi non plus. Une soeur c’est quelqu’un qui vous voit grandir, vous observe, vous adore et vous déteste. Et si une soeur, par définition, est quelqu’un qui subit le même sort que vous, alors nous avons été soeurs souvent. Par chance, nous étions trop différentes physiquement pour que l’on ait l’idée de nous comparer. C’était notre force, notre complémentarité. Toi, blonde et d’apparence sensuelle, froide et sèche à l’intérieur, et moi l’inverse, grande asperge brune et hautaine, mais débordant de tendresse et de larmes à la moindre occasion.

Agathe Ruga – SOus le soleil de mes cheveux blonds



C’est exactement ce vide qu’Agathe taille dans l’esprit de brune. Il est perçu comme une partie de ma vie, une sorte de découverte de la suspension de mes sentiments caché …et ça m’a touché !


Sous une musique douce, entrainante et efficace, Agathe Ruga nous offre un premier roman , ni trop court ni trop long, où les mots sont taillé de sorte à embellir notre lecture dont on ressort avec certaine réflexion.

Cet ouvrage s’est dégusté avec deux bières naturellement, une Val dieu Brune, et une Val dieu Blonde.

A mon sens, un joli coup de cœur, où j’ai découvert une partie de cette Agathe Ruga dont on me parlait tant, à laquelle j’aimerais offrir ces 🍟🍟🍟🍟🍟 si mérités.

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